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Un petit interrogatoire...

 
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Lester Hatchet
Clan Hatchet

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MessagePosté le: Sam 1 Mar - 17:38 (2008) 
Sujet du message: Un petit interrogatoire...
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Un silence lourd seulement troublé par le souffle des conduits d'aérations écrasait de sa gangue oppressante les toilettes pour hommes de la station de métro. Dans une des cabines, Lester se tenait adossé à la porte refermée à clef, les yeux à demi-ouverts. Ses mains légèrement tremblantes manipulaient une cigarette éteinte en tous sens, à défaut de pouvoir la fumer... Son esprit était agité par divers questionnements sur l'opération qui avait débuté il y a de ça un quart d'heure désormais...
Le plan était simple, rapide à mettre en œuvre et la réussite était plus que probable, mais cette sale habitude de toujours tout remettre en question le poursuivait encore: il remettait bout à bout chaque élément, s'assurant qu'il n'avait rien laissé au hasard tant qu'il était encore temps...

Cela faisait quelques jours que les Hatchet suivaient de près une affaire de disparitions un peu spéciale... Ce n'étaient pas des êtres vivants qui disparaissaient, mais des cadavres, et directement des congélateurs de la morgue de nombreux hôpitaux. Ils n'étaient pas envoyés au crématoire, ni aux facultés de médecine: ils disparaissaient purement et simplement de la circulation. Lester et ses associés n'avaient mis que peu de temps à retrouver la trace d'un des hommes de l'administration sanitaire qui s'arrangeait pour que tout ceci passe inaperçu, et il ne fallut que quelques recherches à peine poussés pour découvrir qu'il était fréquemment entré en liaison avec des laboratoires de recherche soit-disant pharmaceutique... A cet instant même, une des Elfes du clan Hatchet était en train d'attirer cet homme, Adam Kelther, dans ses filets séduisants, et l'entrainait déjà dans le piège tendu spécialement pour lui. Lester sourit à cette idée. Jusqu'à présent, tout avait été étonnamment facile, il la suivait béatement depuis la sortie de son travail, d'après les informations que Lester recevait sur son communicateur au fur et à mesure: ils devaient maintenant être dans le métro, et une fois à cette station, elle prétexterait une envie irrépressible d'être seule avec lui dans un endroit discret pour l'entrainer dans ces toilettes désaffectées... Et là, ce serait à Lester de prendre le relais.

"Le pauvre, il va déchanter quand il va s'apercevoir que les femmes peuvent être d'étonnantes manipulatrices", murmura-t-il pour lui même, les mâchoires serrées. Il regarda l'heure à l'écran de son com-link, puis rangea sa cigarette dans le paquet qu'il gardait toujours dans une poche intérieure de sa veste... D'où il sortit d'un geste précautionneux le railgun miniaturisé qui l'accompagnait également. Son meilleur ami, par certains côtés. Il laissa son regard glisser sur les formes anguleuses de l'arme faite d'un alliage métallique noir, puis saisit dans son autre main la forme fuselée d'un des projectiles spéciaux. Lester serra fortement la crosse de l'arme entre ses doigts, comme pour s'assurer de sa présence.
Désormais, ils ne devraient plus tarder...

En effet, quelques secondes après, quelqu'un donna un coup d'épaule à la porte branlante de la salle pour la débloquer, puis Hatchet entendit distinctement les pas hâtifs de deux personnes pénétrer dans les lieux éclairés de la lumière artificielle et plutôt glauque émise par de vieux néons. Un rire de femme passablement niais retentit, et les cabines furent secouées comme si quelqu'un venait de heurter la porte fermée de l'une d'entre elles. La voix exagérément lascive de la femme résonna dans les lieux...
"Alors, prêt à tout me montrer?"

Plus de doutes possibles, c'était le signal. Sans perdre un instant, Lester se retourna, déverrouilla sèchement la porte de sa cabine et sortit vivement de son couvert: il put enfin voir Lalwende, son associée pour l'opération, maintenir dans son étreinte la carcasse presque obèse d'Adam. Sans se laisser aller à des considérations sur le dégout qu'avait dû ressentir l'Elfe en séduisant cet homme repoussant, Lester écarta sèchement Lalwende d'une main et abattit d'un revers brutal la crosse de son arme contre le visage porcin de l'homme. Le sang de l'homme gicla sur la peau pâle du faciès impassible de Lester, qui ne s'interrompit pas pour autant: il frappa une deuxième fois, ouvrit la porte d'une des cabines d'un coup de pied et y poussa la masse adipeuse d'Adam avec un coup d'épaule violent. Ce dernier trébucha dans un grognement et heurta de plein fouet la cuvette des W.C, qui semblait comme recouverte d'une croute de saleté si horrible qu'il valait probablement mieux ne pas connaître son origine. Lester se saisit de l'épaulette du costume de Kelther, puis fit faire sèchement à celui-ci volte face pour s'assurer qu'il regardait bien dans sa direction. Il le tenait désormais en joue, les deux mains serrant la crosse de son arme, une de ses paumes maintenant le projectile juste à côté de l'orifice de recharge. Adam gémit plaintivement, et ce bruit horripilant causa un profond dégoût à Lester au travers de sa muraille de froideur: il donna un coup de pied dans le ventre de sa victime pour s'assurer de son silence et de son attention, puis se mit à parler en articulant méthodiquement, presque comme s'il s'adressait à un attardé mental. A ses côtés, le visage gracieux de Lalwende s'était paré d'une expression de profond mépris pour l'homme étalé dans la cabine et elle s'éloigna non sans lui avoir craché au visage, préférant monter la garde à la porte de la salle.

"Parfait, écoute moi bien, salaud. Tu vas tout de suite mettre tes mains derrière la tête, et m'écouter attentivement de toute l'attention dont est capable un porc comme toi. C'est compris?"

Adam répondit en hochant la tête de façon saccadée, faisant tomber sur sa chemise blanche de petites gouttelettes de son propre sang. Sa bouche dégoulinait de ce liquide tiède, et il cracha à terre une dent arrachée par les chocs qu'il avait subis.
"Je tiens à ce que ce soit clair dès maintenant, tu vas regretter amèrement chaque mauvaise réponse à mes questions. Je te donne une chance de répondre directement: qu'est ce que tu sais du trafic de cadavres?
-De quoi..."


Lester fit un signe sec indiquant sans détour à l'homme de se taire. Sous les yeux horrifiés d'Adam, Hatchet tendit la main et fit tourner entre ses doigts gantés une des balles parfaitement profilées, le métal chromé lançant d'inquiétants reflets à la lumière vacillante des néons. Puis, le visage fermé à toute expression, il introduisit la balle dans l'orifice prévu à cet effet, et un cliquetis léger se fit entendre... Bientôt suivi d'un bourdonnement grave se muant progressivement en sifflement suraigu, tandis que l'expression impassible de Lester se muait lentement en quelque chose de bien plus inquiétant, un rictus voulant se faire passer pour sourire éclairant d'une lumière sombre ses traits tirés.
"Encore une réponse comme ça, et il va falloir te ramasser avec une paille et un seau. A cette distance, cette arme ne fait pas de cadeaux, je préfère que tu sois mis au courant..." La voix aux intonations cliniques de Lester tranchait vivement avec son sourire, tout autant que ses yeux vides de la moindre lumière d'humour. Il songeait en effet que quelque soit le résultat de cette petite discussion, l'homme ne reverrait jamais la lumière naturelle du jour et aurait pour lit de mort cet endroit exigu empli de relents organiques vomitifs. En parlant de ça, une tache humide s'étendait maintenant sur le pantalon du costume d'Adam, et il tremblait violemment...

"Maintenant, je repose ma question. Calme toi bien et réfléchis avant de parler, je ne supporte pas de devoir m'énerver... Qu'est ce que tu sais du trafic de cadavres?
-Ce n'est pas vraiment un trafic de cadavres, dit l'homme graisseux d'une voix étranglée par la peur, les yeux fixés sur l'orbite vide de l'arme pointée sur lui. Ils veulent les cacher.
-C'est bien, tu as compris le principe. Allez, reprends ton souffle et explique moi ça un peu mieux..."


Lester se félicita intérieurement. Bien, le type était tellement effrayé qu'il ne va pas pouvoir mentir sans que cela ne se lise comme dans un livre ouvert, songea-t-il... Tout ce qu'il fallait, c'était encore un peu de temps.
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MessagePosté le: Sam 1 Mar - 17:38 (2008) 
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Feydrick Hillerp
Agent spécial

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MessagePosté le: Sam 1 Mar - 18:16 (2008) 
Sujet du message: Un petit interrogatoire...
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La nuit tombait sur la ville tentaculaire. Les immenses immeubles normalement allumés et brillants de mille feux étaient maintenant presque tous éteints. Du moins dans ce quartier. Mais il était sûr que dans les quartiers des riches, la vie n’était pas changée. La Révolution avait beau être d’une envergure bien plus importante que ne le croyait l’Institution des Services Spéciaux, elle n’avait pas été révélée au peuple et beaucoup de citoyens n’en étaient même pas troublés – principalement de potentiels Loyalistes – et vivaient encore normalement. Une petite pluie fine commença à tomber, trempant le pavé de la ville et le rendant glissant.
Feydrick Hillerp n’était pas le moins du monde gêné par la pluie ou les ténèbres. Au contraire, c’était plutôt utile à son travail. L’Agent Spécial marchait de son pas vif vers une ruelle où on lui avait donné rendez-vous. Pourquoi, il n’en savait rien. Mais il soupçonnait un lien avec les groupuscules terroristes qui profitaient de la Révolution pour piller, tuer ou appuyer leurs diverses revendications par des attentats. Il y en avait eu un pas plus tard que le matin même, devant une base militaire. Il y avait eu quinze morts et trente cinq blessés. Deux véhicules légers avaient été endommagés et un hélicoptère transformé en épave noircie.
L’Elfe atteignit la ruelle et remarqua un homme à son bout, à côté d’une benne à ordures bourrée de déchets qui ne semblaient pas tous d’origine ménagère. Un bras humain dépassait du couvercle. Feydric n’eut aucune réaction à la vue de ce membre et se contenta d’avancer vers la benne, la main sous son manteau pour dégainer son revolver. L’autre homme partit, et Hillerp comprit que c’était bien là le lieu de rendez-vous. Ce type qui partait était un collègue, et le petit communicateur des Services se trouvait à terre, près de l’endroit où l’homme s’était tenu debout.
Feydrick arriva près de la benne, et se pencha pour ramasser le petit appareil à écran qui se trouvait là, dans une nuée de vapeur venue des égouts. Il appuya sur l’unique bouton de l’engin, et l’écran lui montra une photo, suivie du texte suivant :


« Ordres de mission maintenus avec rajout ordre suivant. Elimination de cet homme demandée par Institution. Ancien affecté au personnel aérien du secteur Cheminée V. Responsable d’un réseau terroriste. Nom : Lester Hatchet. Carte blanche. »

Déjà un changement de mission. L’Elfe avait l’habitude, mais pas aussi vite. Il n’était stationné à Yarolesen que depuis deux jours. Enfin, il fallait obéir aux ordres, mais surtout effacer leur trace. Suivant la procédure, il s’éloigna et s’arrêta trois rues plus loin. Il ne repéra pas la moindre présence de vie humanoïde, aussi il put appliquer cette procédure. Il sortit son revolver et tira dans l’écran, qui fut pulvérisé par l’impact. Il récupéra la douille et la posa sur le sol en même temps que le reste de l’appareil. Et tout s’embrasa.
En une seconde, il ne restait plus rien. On aurait pu chercher pendant dix ans, on n’aurait même pas retrouvé une particule de cendre. Rien. Les Services Spéciaux étaient excessivement pointilleux sur la discrétion : rien ne devait être su, rien ne devait filtrer. Feydrick s’appuya contre le mur, sortit une cigarette et son briquet, l’alluma, et réfléchit tout en fumant.
Il connaissait ce type, Hatchet. En fait, tous aux Services le connaissaient. Il était fiché, comme tous les membres du personnel de cette zone, depuis qu’il avait commencé à y travailler. Aucun n’était au courant, mais toute l’Institution, elle, l’était. La surveillance active avait débutée lorsque l’on avait repéré qu’il s’était posé des questions sur un convoi aérien pour la Cheminée V.
Cheminée V. Le nom codé pour désigner la seule cheminée qui reliait les laboratoires secrets des Services, que l’on nommait Projet V. V pour Vampire. Personne, en dehors du personnel des labos et des Agents, n’était au courant de leur simple existence. Pas même l’Etat-major, pas même les Assemblées, pas même le Monarque. Hatchet avait monté un réseau pour tirer au clair ces allées et venues qui étaient en fait le ravitaillement pour le Projet V. Un réseau informatique, mais que les Services avaient tout de suite identifié. Seuls ses membres étaient inconnus.
Mais le jour où il avait voulu tout tirer au clair, il avait été identifié et on avait failli l’avoir. Mais l’Agent chargé de l’abattre dans sa voiture avait brusquement rompu le contact. Le temps que d’autres Agents arrivent, Hatchet avait disparu. La voiture était écrasée contre un mur, et leur collègue était mort, les vertèbres cervicales brisées.
La mort du collègue n’avait rien fait à Hillerp, ni à personne d’ailleurs. La perte d’un Agent ne signifiait rien pour l’Institution. Ce qui était plus embêtant, c’était que l’on avait perdu la trace de Hatchet. Et maintenant, on commençait à la retrouver. Du moins, Hillerp devait la retrouver. Toutefois, tout cela n’était pas clair. Il fallait lire entre les lignes.
On ne tuait pas un type en pleine rue comme ça, même pour avoir tué un Agent Spécial ou pour avoir tenté de faire capoter un ravitaillement. On le capturait, on le rapatriait au bâtiment des Services pour l’interroger. On l’utilisait parfois, surtout que dans ce cas, les capacités en informatique du suspect étaient faramineuses. Il avait réussi à infiltrer le système des Services, ce n’était pas une mince affaire. Il avait donc découvert quelque chose.
Il avait dû voir les caissons de refroidissement. C’était tout ce qui pouvait justifier un meurtre en pleine ville. Sinon, on l’aurait tué, mais dans le bâtiment, sans que personne n’en sache rien. Mais là, c’était un cas de force majeure. Il avait vu quelque chose qu’il n’aurait pas du voir, il avait peut-être même des soupçons, aussi il devait mourir le plus tôt possible. Feydric décida de résoudre cette affaire aussi vite que possible, afin de se concentrer sur sa mission principale : éliminer les meneurs Révolutionnaires.
L’Agent Spécial sortit de la ruelle, et se mit à marcher, cigarette à la bouche. Il réfléchissait. La nuit et la pluie l’y aidait...

Une heure plus tard, Hillerp n'avait absolument pas avancé dans ses recherches. La seule chose qu'il savait, c'était qu'il faudrait avoir ce type d'une seule balle. Sinon, il avait une chance de s'échapper ou de riposter. Et il fallait éviter ça à n'importe quel prix. Une erreur aux Services pouvait signifier la mort. On ne pardonnait jamais une erreur. Et on la payait toujours. Ces pensées moroses en tête, Feydrick passa devant l'entrée des toilettes d'une station de métro. Un escalier d'un blanc sale et parsemé d'ordures en tout genres - y compris un cadavre, décidément les combats se répandaient jusqu'aux coins les plus anodins - s'enfonçait dans les entrailles de la ville, vers ces sanitaires. Hillerp allait continuer sa route quand il entendit un gémissement. Puis un bruit de coup.
Feydrick se demanda une seconde ce qui se passait là-dedans. Mais il oublia bien vite ses interrogations et appliqua la procédure dans ces circonstances : il sortit son revolver et descendit silencieusement de quelques marches, avant de s'appuyer au mur pour écouter et attendre la suite des évènements. Il entendit quelques mots, qui semblaient être un interrogatoire. Mais pas d'un collègue... Trop direct, trop évident. Les Services préféraient user de vos faiblesses, jouer les compatissants, parler négligement de votre famille ou de votre situation, jusqu'au jour où ils en savaient assez et vous tiraient une balle dans la nuque. C'était d'ailleurs ce qui attendait peut-être les personnes dans cette station... Si l'Agent devait éliminer l'interrogé et les interrogateurs, il le ferait sans remords ni difficultés. Ne jamais hésiter, ne jamais regretter. C'était son credo dans les Services, et il n'y avait jamais fait défaut.
Feydrick ralluma une cigarette et attendit tranquillement la suite...

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Lester Hatchet
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MessagePosté le: Sam 1 Mar - 19:15 (2008) 
Sujet du message: Un petit interrogatoire...
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La voix tremblante d'effroi d'Adam Kelther résonnait toujours dans les toilettes désaffectées, sous l'écoute attentive et méticuleuse de Lester. Cependant, ce dernier commençait à s'impatienter... La discussion prenait plus de temps qu'il ne l'avait espéré. Il allait falloir écourter les choses: plus le temps passait, plus il était risqué de rester à cet endroit.
"Alors comme ça, ces laboratoires récupèrent les cadavres pour cacher la cause de leur mort? Mais qu'est ce qu'il y a d'extraordinaire dans les conditions du trépas de ces hommes?
-Hé bien... Ils... Je ne sais justement pas vraiment. D'après ce que j'ai pu en voir, les cadavres étaient juste terriblement mutilés, mais je ne suis pas légiste et je n'ai pas eu le temps de vraiment les observer... Vous comprenez, ça ne fait pas partie de mes...
-Oui, je sais, coupa Lester, avant de soupirer amèrement. Tu préfères laisser les choses se faire, tirer tout le suc que tu pourras de cette affaire et te tirer vite fait sans trop en savoir. Maintenant, tu vas, d'une main, prendre l'ordinateur personnel que tu portes sur toi. Calmement, tu vas le faire glisser sur le sol jusqu'à mes pieds, et sans bouger inutilement, sans te lever, rien."


L'homme fit ainsi que le lui avait ordonné Hatchet, sa main tremblant tellement que son gras s'agitait comme un plat de gelée écœurant: l'ordinateur miniaturisé glissa sur le carrelage sali par le sang et des années de crasse accumulée, avant de buter contre la botte gauche de Lester. Celui-ci s'accroupit avec une lenteur précautionneuse, sans quitter un seul instant des yeux sa cible, puis ramassa l'objet avant de le glisser dans une de ses poches intérieures. De sa main libre, il referma vivement son gilet, tenant toujours Adam en joue. Il s'autorisa enfin un petit soupir de soulagement, et se redressa avant de s'avancer vers lui, ses bottes laissant des traces dans le liquide cramoisi répandu au sol. Kelther se mit à s'agiter vivement, et protéga son visage de ses deux bras en croix, la respiration haletante.
"Non! Qu'est ce vous faites?! Vous m'aviez promis...
-Tais-toi, et réfléchis un peu. Je ne t'ai rien promis du tout.
-Mais...NON,LAISSEZ MOI! PITIE!"

Il avait hurlé d'une voix pitoyable ces dernières paroles, mais Lester ne lui laissa pas le temps de causer plus de bruit. Sa main libre avait saisi son couteau de combat dissimulé dans une manche de son blouson, et il sectionna d'un geste sec la gorge d'Adam. Sa chair abondante s'était ouverte soudainement en un gouffre rougeâtre plus qu'en une plaie, et le sang s'enfuit en grandes giclées de de son corps meurtri: il tenta de porter une main potelée à la blessure, comme s'il pouvait la refermer telle une fermeture éclair. Dans son agonie, sa bouche s'ouvrait et se refermait comme celle d'un énorme poisson à l'air abruti: mais Lester s'était déjà détourné de ce spectacle horrible, lançant un regard à Lalwendë. Celle-ci, comme comprenant l'ordre implicite contenu dans les yeux froids de son chef, se précipita vers la porte de la salle des sanitaires tout en dégainant son semi-automatique: les cris de l'homme avaient certainement alerté un passant potentiel...

Lester se maudissait intérieurement de n'avoir agi avec plus d'efficacité... Il n'aurait de toute façon pas tiré avec son railgun sur cet homme, le bang supersonique provoqué par le tir étant assez peu discret... Mais il n'aurait pas dû lui laisser le temps de crier, c'était une erreur de sa part. Au même instant, Lalwendë ouvrit lentement la porte, jetant un regard prudent sur les escaliers... Et soudainement, elle se jeta de tout son poids contre la porte, l'ouvrant à la volée: Lester n'eut pas le temps de réagir, ses réflexes humains dépassés par la vivacité de l'Elfe. La porte, arrivée en bout de course, rebondit avec un fracas métallique contre le mur: de l'autre côté du seuil, Lalwendë pointa son arme vers le haut des escaliers.

Lalwendë tira une fois, toujours avant même que Lester ne commence à se déplacer. La détonation se répercuta dans tous les escaliers: avant qu'elle ne tire une fois de plus, son leader avait enfin eu le temps de réagir. Il s'était plaqué, dos au mur, juste à côté de l'entrebâillement de la porte qui se refermait lentement. Malgré l'urgence de la situation, il avait gardé l'esprit clair: s'il se précipitait dans l'espace réduit du palier, lui et l'elfe seraient des cibles faciles pour un adversaire armé... Il valait mieux cacher sa présence à l'adversaire tant qu'il ne savait pas à qui il avait affaire.

La porte se referma dans un claquement, entrainée par son poids.
Un deuxième coup de feu retentit...
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Feydrick Hillerp
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MessagePosté le: Sam 1 Mar - 23:55 (2008) 
Sujet du message: Un petit interrogatoire...
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Feydrick entendait à peine un mot sur trois, mais n'eut pas de mal à comprendre ce qui se passait : un interrogatoire. Sur quoi, il l'entendit vite : un trafic de corps. Une histoire qui concernait le projet V. Ils servaient à "nourrir" leurs pensionnaires. L'Agent Spécial ne fit absolument rien pour écourter cet interrogatoire qui, pourtant, pouvait révéler au grand jour ce projet. Pour une raison simple : les personnes dans ces toilettes - ils étaient forcément plusieurs, ou alors le seul présent était encore plus dingue que le pensait Hillerp - allaient tuer leur interlocuteur. Pas de doute. Le timbre de voix de celui qui posait les questions était sans équivoque.
Ensuite, ils ne pouvaient sortir que par l'escalier où se tenait l'Elfe. Il n'y avait pas d'autre issue. Et il n'aurait plus qu'à tirer. Il n'avait pas à hésiter. Si quelqu'un sortait d'ici, même l'interrogé, il le tuerait. Soit parce qu'ils en savaient trop, soit parce qu'il avait parlé. Rien ne devait jamais ressortir de ces sanitaires. Sinon, le projet V serait compromis, et cela serait fort regrettable. Personne ne devrait rien savoir.
Un cri de pitié retentit depuis les sanitaires. Apparement, Feydrick ne s'était pas trompé : ils allaient tuer leur suspect, après qu'il ait avoué. Même sans cela, l'Agent ne serait pas intervenu. Il n'avait aucune raison de le faire, et de toute manière jamais les Services n'agissaient pour sauver qui que ce soit. Même un autre Agent. L'Institution était sans pitié, et là résidait sa force. Personne ne lui échappait jamais. Tout le monde pouvait être éliminé. Les Agents avaient pouvoir de vie ou de mort sur n'importe qui. Feydrick entendit un gargouillement, et comprit que l'interrogé n'avait plus de gorge.
Il y eut des bruits de pas vifs, et la porte des toilettes claqua. Feydrick réagit d'instinct et se recroquevilla. Bien lui en fit, car une balle siffla brusquement au-dessus de lui. Il prit son revolver, se redressa et attendit tranquillement. Sa cigarette n'était même pas éteinte. La porte claqua à nouveau, et il entendit quelqu'un monter les escaliers. Sans aucune réaction, il pointa son arme vers le palier.
Une jeune femme, une Elfe comme lui, déboula brusquement au pied de la volée d'escaliers où attendait l'Agent Spécial. Elle courait en regardant le sol, et là fut son erreur. Elle avait beau être armée, elle ne présentait aucun danger pour Hillerp. Celui-ci pointa son arme et pressa la détente. La jeune femme fut mortellement touchée au ventre. Elle s'écroula en avant, et se retint aux marches avec sa main gauche, la droite pressée sur sa blessure. Levant le regard vers le tireur, elle implora des yeux la pitié de Feydrick. Mais ce dernier avait l'habitude de ces comportements.
Tous, ceux qu'il interrogait, ceux qu'il menaçait, ceux qu'il blessait, lui demandait quartier. Mais il y avait une règle d'or aux Services : jamais de pitié. Peut-être cette femme espérait elle que du fait de leur appartenance à une même race, elle serait épargnée. Ou tout simplement parce que c'était une femme. Mais jamais Feydrick n'épargnait qui que ce soit. Il n'hésitait jamais et ne faisait pas de dinstinctions. Et c'était pourquoi il était si bon Agent. Sa seule réponse au regard implorant fut un regard ennuyé.
Puis il pressa la détente.
La jeune Elfe, touchée en pleine tête, fut projetée en arrière. Les jambes repliées et le corps étalé sur le dos, on aurait dit un pantin aux fils coupés. Mais Feydrick oublia tout de suite cette vie balayée pour se concentrer sur autre chose. La voix qui posait les questions était celle d'un homme. Donc il en restait au moins un. L'Agent ne s'interroga pas longtemps sur la tactique à employer : le long terme. Il finirait par sortir de son trou. Il rechargea son arme, s'appuya contre le mur, jeta sa cigarette éteiente et attendit.

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Lester Hatchet
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MessagePosté le: Dim 2 Mar - 02:38 (2008) 
Sujet du message: Un petit interrogatoire...
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Un silence de mort s'ensuivit, les secondes qu'il englobait se muant soudain en une éternité pour Lester. Un doute commençait à tirailler son esprit: et si le second tir n'avait pas été celui de l'arme de l'Elfe, alors...
Il y eut une troisième et dernière détonation, et le silence revint avec une telle force qu'il en était presque assourdissant. Lester avait beau tendre l'oreille, il n'entendait plus aucun son en provenance des escaliers: désormais, il n'y avait plus de doutes possibles. Lalwendë était tombé sur plus fort qu'elle, sinon elle serait déjà en train de redescendre les escaliers... Hatchet serra encore plus fort la crosse de son arme entre ses doigts gantés, son couteau rangé de telle façon à ce qu'il lui soit aisé de le sortir rapidement en cas de problème. Il plissa les paupières alors qu'il se concentrait sur le problème sans considération extérieure aucune, classant méthodiquement toutes les possibilités, toujours sans bouger...

Bon. Au moins une personne se tenait en haut des escaliers. C'était la seule issue que sa corpulence lui permettait d'emprunter: aucune chance de s'enfuir par les conduits de ventilation. Si c'était un groupe de personnes qui l'attendait, il n'avait plus de soucis à se faire: seule la mort pouvait l'attendre. Si plusieurs tueurs avaient été assez efficaces et coordonnés pour tirer seulement deux coups de feu, il n'avait pas la moindre chance.
D'un autre côté, que l'agresseur soit seul ou pas... Il se tenait dans un escalier tout juste assez large pour laisser passer une personne, deux s'ils se mettent de profil. Lester avait relevé ce fait en arrivant sur les lieux: de plus, la coursive était peu éclairée au niveau de la porte des toilettes, et la lumière venait de l'autre embouchure des escaliers, tout en haut: les éclairages publics encore en fonction.

Autrement dit, la personne qui avait tué Lalwendë était une véritable cible ambulante: une silhouette se découpant sur un fond de lumière.

Donc, quasi impossible à rater. Ensuite, l'étroitesse des escaliers lui donnait une chance de s'en tirer quel que soit le nombre de ses agresseurs: ils devaient se tenir les uns derrière les autres pour avoir une chance d'opérer convenablement. Et lui, il avait une arme capable de percer plusieurs couches de blindages d'un seul tir... Alors, de la chair ou de simples gilets pare-balles!
Cette observation clinique achevée, Lester s'assura d'un coup d'œil que le témoin lumineux montrant le niveau de charge des contacteurs de l'arme à accélération magnétique était bien rouge vif. Il devait donc tirer une fois, une seule. Même s'il ne tuait pas sa cible, un tir de railgun a généralement de quoi donner de sérieux doutes à n'importe quel adversaire quant à ses chances, au vu de ses effets plutôt impressionnants... Il avait peut-être sa chance, en fin de compte.

Il tendit la main droite le long du mur à côté de lui, et ses doigts passèrent sur l'interrupteur des lampes, qui s'éteignirent sans un bruit: l'obscurité lui assurait au moins un couvert partiel. Il passa encore une minute à calmer du mieux qu'il pouvait sa respiration et son rythme cardiaque, la tête baissée et les yeux fermés. Ce n'était pas le moment d'agir impatiemment et de laisser le moindre tremblement trahir son tir. Il pensa soudain qu'il devrait ajuster sa visée le plus vite possible: si jamais son agresseur ripostait, il fallait qu'il puisse se jeter à nouveau derrière le couvert de la porte des toilettes...
Après avoir longuement expiré une fois de plus, il se décolla du mur sans un bruit, fit volte face vers la porte, les deux mains posées sur la crosse de l'arme à accélération magnétique, pointée vers le sol. Il fixait son regard sur la porte devant lui, et se mit à égrainer un compte à rebours dans ses pensées.

...
Trois.
Deux.
Non, stop. Il jura intérieurement, se maudissant de n'avoir pensé à cette idée plus tôt. Il se saisit de l'ordinateur personnel d'Adam et le connecta à son propre dispositif de communication: il fallait qu'il transfère les données de son disque dur dans la banque de données du clan Hatchet. De cette façon, même si il se faisait abattre ou capturer, les informations glanées au dur prix du sacrifice des vies ne serait pas perdues... Durant l'attente, il se dit amèrement qu'une dernière cigarette ne serait pas de trop... Mais non, ça attendrait, ou il n'y en aurait jamais plus. Tant pis.
Le léger bip annonçant que les données avaient bien été transférées au serveur. Désormais, il n'y avait plus rien à perdre, à part sa vie... Il ricana doucement à cette idée, les mâchoires serrées. Puis il déposa silencieusement à terre l'ordinateur de feu Kelther, se redressa et reprit son décompte là où il l'avait interrompu, soudain empli d'une détermination sans faille.

...
UN.

Il s'élança soudain, frappant d'un coup de pied violent la porte qui s'ouvrit à nouveau sur les escaliers plongés dans les ténèbres: un filet de sang coulait jusqu'en bas, mais il n'en fit pas plus cas que cela. Entrainé par son élan, il s'avança sur le palier, la tête levée, et vit le rectangle de lumière, la seule sortie possible pour lui. Ses deux bottes se plantèrent à terre tandis qu'il assurait sa posture, toujours dans le même mouvement fluide, tandis que ses deux mains se levaient pour ajuster sa visée. Dans la lumière presque éblouissante contrastant violemment avec les ténèbres salvatrices régnant sur les escaliers, se découpait la silhouette d'une personne appuyée contre le mur...
Lester déserra les mâchoires, se rappelant en un éclair que le choc violent du tir ainsi que le bang supersonique avaient une fâcheuse tendance à briser les dents de ceux les serraient un peu trop, sous le coup des vibrations.
Et il pressa la gâchette. L'espace d'un millième de seconde, des arcs électriques bleutés parcoururent l'autre extrémité de l'arme, là où se trouvait le canon du pistolet, tel l'œil béant de la Mort d'où allait surgir la foudre des dieux.

Comme à chaque fois, le recul lui donna l'impression qu'il venait d'arrêter un camion lancé à pleine vitesse avec son propre corps et l'arme surchauffée le brula presque, même à travers l'épaisse protection de ses gants. Mais bien avant qu'il ne ressente ces effets qu'il ne connaissait que trop bien, le projectile avait traversé toute la longueur des escaliers et se trouvait déjà loin, bientôt suivi par une terrifiante détonation: à côté, celui d'une arme à feu ressemblait à un claquement de pétard mouillé. Là, c'était l'accélération brutale du projectile conducteur qui causait ce bruit assourdissant tandis qu'il déchirait l'air dans son sillage supersonique. Sur le trajet qu'avait emprunté la balle, l'air ondula violemment, comme si une brume de chaleur se propageait.
L'espace d'une seconde, le corps de Lester ne fut plus que douleur alors que ses os lui semblaient vibrer de l'intérieur, au bord du point de rupture. Une fois ce terrible instant passé, il cligna des yeux, tentant de discerner au plus vite s'il avait ou non touché sa cible: même s'il s'avérait que son tir avait échoué, il disposerait alors de l'avantage de la surprise sur son adversaire qui ne devait certainement pas s'attendre à un assaut d'une telle puissance. Mais il ne devait tout de même pas perdre de vue le fait que son temps était peut-être compté...
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Il n'y a pas que la crème qui flotte à la surface...


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Feydrick Hillerp
Agent spécial

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MessagePosté le: Dim 2 Mar - 13:29 (2008) 
Sujet du message: Un petit interrogatoire...
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Feydrick commença à se demander ce qui se passait dans ces sanitaires. Le corps de la jeune Elfe se vidait peu à peu de son sang, dont un mince filet glissait déjà vers la porte de ces sanitaires, et personne ne réagissait. Peut-être mettait-on quelque chose en œuvre, mais dans ce cas ça tardait. Hillerp regarda un instant le corps encore tout frais de la femme, et l’autre corps qui lui pourrissait. Il était d’ailleurs méconnaissable. Impossible de dire si c’était un homme ou une femme. Des vêtements unisexes l’habillait, et son corps était dans un tel état de décomposition que n’y voyait pas de signe distinctif. L’Agent alluma une autre cigarette pour tenter de couvrir l’odeur.
La mort avait décidément bien des visages. Et elle frappait partout. En ce moment même, elle frappait. Une, dix, cent, mille personnes peut-être mouraient à chaque seconde. Cette étendue de la mort était impossible à mesurer, rien ne permettait de la connaître. Et cette optique motivait Feydrick quand il tuait. Tout le monde mourait, alors un de plus ou de moins n’y changeait rien. Il souffla la fumée et vérifia son revolver.
Il était en parfait état de marche. Chargé, sans la moindre trace de détérioration. Un véritable bijou mortel. Feydrick l’avait choisi à l’armurerie des Services et après une heure d’entraînement, il sut qu’il ne le décevrait jamais. Une précision diabolique, un recul minimal, une puissance terrifiante. Le seul défaut était l’impossibilité de placer un silencieux. Mais à part cela, il était parfait. Hillerp n’usait que d’une seule autre arme, un fusil de précision qu’il n’employait que pour les assassinats discrets et les cas où il se retrouvait pris dans un combat entre militaires et révolutionnaires. Un jour, peut-être l’utiliserait-il contre Yorn, ce gros porc de général. Mais pour les circonstances présentes, le revolver était bien plus indiqué.
D’ailleurs il se demandait, tout en soufflant une autre bouffée de fumée, ce qu’attendait le type qui se trouvait encore dans les sanitaires. Il se doutait qu’il était seul car s’ils avaient été plusieurs, ils auraient probablement tenté une sortie en force. Certes, il en aurait perdu plusieurs, mais l’Agent pouvait être abattu. Or, rien de tel. Il n’y avait donc vraisemblablement un seul homme dans ces toilettes. Un instant, l’Agent imagina ce qu’il allait faire.
Se rendre ? Peu probable. Si il avait osé séquestrer un homme qui avait un lien avec le projet V, il avait un peu plus que courage que le civil moyen.
Fuir par un conduit d’aération ? Non. L’odeur était telle qu’il finirait asphyxié. Le service de nettoyage avait été un peu interrompu par cette Révolution...
Attaquer ? Oui, très certainement. C’était sa seule issue. Et rester cloîtré dans des toilettes puantes et sales sans rien à manger, avec pour seule compagnie des cadavres et un Agent Spécial très patient ne le conduirait qu’à la mort par soif. Les robinets devaient probablement être fracassés, et de toute manière la Centrale de Distribution des Ressources Aqueuses – le nom ronflant de la station d’épuration – du secteur avait été détruite depuis peu.
Feydrick prit donc son revolver et attendit tranquillement une réaction.
Pendant plusieurs minutes, il ne se passa rien. Un bruit de pas mouillés retentissait de temps en temps, mais à part cela c’était le calme absolu. Rien ne bougeait, à part un rat qui traversa le petit escalier dont le mur était fracassé en un endroit. L’Agent observa la bestiole grimper les marches et disparaître dans la nuit et la pluie, qui maintenant tombait à verses. Ces rongeurs pullulaient depuis un mois. La prolifération des cadavres et des blessés vulnérables avait entraîné l’augmentation du nombre de ces charognards, qui ne se nourrissaient plus maintenant d’ordures et de saletés trouvées dans les poubelles, mais de corps et de blessés, d’infirmes et de malades abandonnés. Les médecins avaient beau faire de leur mieux pour limiter l’expansion de ces rongeurs, ils étaient toujours plus nombreux et des épidémies menaçaient. Mais Hillerp n’en avait cure. Il avala une gorgée d’un médicament trouvé dans les décombres d’une pharmacie, et reprit sa cigarette. Il se pressait ou quoi ? L’attente commençait à l’agacer.
Elle prit fin d’une manière peu attendue.
Le deuxième homme apparut brutalement à la porte des toilettes. Hillerp garda la tête froide, et heureusement pour lui. Il avait plongé vers l’autre mur de l’escalier avant même que la détonation ne retentisse, au moment où l'autre était apparu, tandis qu'un projectile pulvérisait proprement celui où il était appuyé une seconde plus tôt. Feydrick s’apprêta à pointer son revolver, quand un bruit assourdissant, semblable à une explosion, retentit dans l’escalier. Bizarre... Une détonation après l'arrivée du projectile ? Une arme supersonique... Les morceaux de plâtre sales furent projetés en tout sens, l’un d’eux frappant le visage de la morte, un autre touchant l’épaule de l’Elfe qui grogna de douleur. Il se redressa et constata les dégâts.
Les marches et le mur semblaient avoir été frappés par un obus. Le cratère du à l’impact avait traversé le trottoir, et un rat qui s’y cachait avait été réduit en moins que des miettes. Hillerp eut un sourire cynique en pensant que s’il n’avait pas sauté, il resterait de lui à peine plus que les morceaux sanguinolents du rongeur. Mais il ne s’en tirait pas sans dommages. Son épaule saignait, et son bras droit sur lequel il avait atterri l’élançait et le picotait comme une décharge électrique. Pourtant il pointa son arme vers la porte des sanitaires. Une silhouette, qui ne pouvait être que celle du tireur, se tenait devant elle. L'Agent Spécial n'hésita pas une seconde : il tira trois fois dans sa direction, puis se jeta vers l'arrière. Si son adversaire n'avait pas été réduit en écumoire, au moins il commencerait à réfléchir...
Feydrick passa une pommade sur son épaule blessée, le tube ayant lui aussi été pris dans cette pharmacie, et la douleur s’atténua un peu. Mais il préféra ramener son bras gauche contre lui, tandis qu’il s’apprêtait à répondre à une nouvelle attaque.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 12:45 (2018) 
Sujet du message: Un petit interrogatoire...

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